temps d’espérance

igloo inspectionVivement le temps des fêtes! Cette semaine il a fait très froid (vers les -15 à -20 degrés C) et on voit partout les signes d’un Noël blanc: des belles plaines enneigées, et des glaçons qui pendent du bord des toits. Bien que ma famille n’a plus l’habitude de fêter avec un arbre de Noël ni avec des cadeaux, on a fêté quand même en partageant l’esprit de la saison. La semaine dernière, on a aidé un groupe de pré-jeunes dans notre quartier avec un projet de service ayant un thème de Noël. Avec notre aide, le groupe s’est arrangé pour cuire et décorer des beaux biscuits de Noël, qu’on a par la suite distribué parmi leurs voisins avec des cartes de Noël qu’ils ont dessiné eux-mêmes. Le but, au-delà de partager l’esprit des fêtes, c’était de démontrer l’esprit d’amitié et de fraternité avec les gens du voisinage, et de partager de l’espoir—le thème du livret que le groupe est en train d’étudier ensemble.

Il y a deux jours, Quynh et moi sont partis tôt le matin en autobus rendre visite à des chers amis et leur famille à Victoriaville. Malheureusement, c’était un jour de tempête, et le trajet—qui prend environ cinq heures d’habitude—s’est vu prolonger jusqu’à douze heures, y compris un transfert manqué à la gare de Montréal. Le séjour à Victoriaville, bien que court, était profondément agréable et vivifiant. Ce n’est pas tellement souvent dans la vie qu’on peut trouver des gens avec qui on peut se sentir complètement à l’aise, comme si avec eux on pouvait être la personne qu’on est, sans prétention ou façade, et partager des sentiments honnêtes sans peur de rejet. C’est de telles amitiés que je qualifierais “spirituelles”—parce qu’elles nous permettent de nous reconnecter au coeur de l’autre et de nous-mêmes, au niveau de l’âme. Braver une tempête de neige me semble donc un prix peu cher pour avoir la chance d’être avec Geneviève et Craig, mes grands amis depuis dix ans—qui ont rencontré ma femme longtemps avant que je ne la connaisse, et qui m’ont soutenu à travers de maintes épreuves paraissant insupportables, me redonnant l’espoir quand je croyais l’avoir perdu.

ready to slideLe matin, on s’est amusé à descendre et à remonter le Mont Arthabaska en tripes—c’était la première fois pour Quynh, et elle a complètement adoré l’expérience. Ensuite un dîner simple mais abondant, partagé avec amour et joie avec la famille et des amis. Avant de dîner, Alexandre, le fils aîné à Geneviève et Craig, et un grand “fan” de la chanson Gangnam Style, posa la question innocente: pourquoi la différence entre la Corée du Sud et la Corée du Nord? Ainsi, pendant que les adultes cuisinaient, Quynh lui a décrit la situation qui existe entre les deux pays, et comment des milliers de familles séparées par le conflit continuent à souffrir à cause des différences idéologiques. “Mais c’est complètement injuste,” il dit. Quand je l’ai rencontré, il n’avait même pas deux ans, et il apprenait à parler; maintenant il a presque 12 ans, et comme les pré-jeunes dans notre quartier, sa capacité de reconnaître les contradictions et de comprendre l’injustice croît de jour en jour. Se rendant compte de ceci, Quynh l’a raconté l’histoire de Kibomi, le jeune garçon dans le livret étudié par notre groupe de pré-jeunes.

Kibomi est un jeune homme qui croit que ses actes peuvent améliorer au monde. Un jour, le conflit violent qui afflige son pays rattrape à sa famille, et il voit ses parents tués devant ses yeux. Il fuit pour rester en vie, et en fuyant, et pendant qu’il tente de se composer avec ce qui se passe, il rencontre des gens qui lui aident à comprendre qu’il a le choix dans la vie: ou bien sombrer dans le désespoir, la colère, la violence et la vengeance; ou bien d’utiliser ses souffrances comme un aliment pour nourrir son désir d’améliorer les sorts de ceux qui l’entourent. Ce dernier prend de la force d’esprit et de caractère qu’il n’est pas sûr de posséder, mais comme il rencontre des gens qui travaillent fort à bâtir des liens d’amitié et d’unité entre les tribus qui font la guerre, il se rend compte qu’il peut faire appel à leur force pour l’aider à développer la sienne. Finalement, les sentiments de peur et de désespoir lui quittent, et il fait son choix—de travailler de façon active pour l’amélioration du monde.

Pendant que j’écris ces mots, on se trouve en autobus retournant chez nous, ayant passé deux nuits et toute une journée avec la famille et les amis. Alexandre a hâte de se joindre à un groupe de pré-jeunes, et il en aura un regard rapide la semaine prochaine, quand il se joindra à un camp de pré-jeunes dans la ville de Québec. S’il persévère—et je crois qu’il le fera—il trouvera là-dedans un endroit dans lequel il pourra poser des grandes questions et discuter avec ses pairs sans peur ni méfiance. Il y trouvera une source de confiance, d’assurance et d’espoir qui lui aidera à traverser bien d’épreuves dans la vie. En voyant grandir les jeunes qui embarquent dans ce processus dans notre quartier, à travers la ville, le pays—le monde!—j’y trouve moi-même une source d’espoir. Ces jeunes seront mieux préparés pour la vie que je ne l’étais, avec des outils de caractère que j’aurais bien voulu avoir à leur âge. Et n’est-ce pas ce qu’on entend par “l’amélioration du monde”—que, de génération en génération, nos enfants deviennent de meilleures personnes que nous l’étions nous-mêmes?

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